vendredi 9 juin 2017

Chaque fois qu'on parle d'amour

Chaque fois qu'on parle d'amour,

c'est avec "jamais" et "toujours".


Barbara 
Née Monique Andrée SERF
(1930 - 1997)
Auteur - compositeur - interprète et actrice française 

Merci à Stéphanie pour me l'avoir remis en mémoire.

Par Jac. de Nijs. Nationaal Archief, Den Haag, Rijksfotoarchief: Fotocollectie Algemeen Nederlands Fotopersbureau (ANEFO), 1945-1989 - negatiefstroken zwart/wit, nummer toegang 2.24.01.05, bestanddeelnummer 921-1453 — Nationaal Archief, CC BY-SA 3.0 nl, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20052893  


dimanche 4 juin 2017

Tout est perdu, fors l'honneur

"Pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve."


François 1er 
(1494 - 1547)
Roi de France


Salamandre de François Premier, Roi de France
Merci à Isabelle qui me l'a inspiré.

samedi 6 mai 2017

Le goût de l'honneur

"On gagne toujours en s'adressant à ce qui est le plus facile à l'homme, et qui est le goût du repos.
Le goût de l'honneur, lui, ne va pas sans une terrible exigence envers soi-même et envers les autres."

Albert CAMUS
 (1913 - 1960)
Écrivain, philosophe et journaliste.

  
Merci à... Serena TALAMONI qui a ce petit scan de "Combat" si riche de sens épinglé en tête de son compte Tweeter. C'est là que je l'ai trouvé, et apprécié.

Il faut connaître et reconnaitre le goût de l'honneur.




lundi 27 mars 2017

Voyage jusqu'au bout de l'entorse

Il me reste encore un peu à souffrir, le mois n'est point fini, avec cette entorse sévère dont je suis affligé.

Comme c'est une entorse à la cheville et pas au poignet certains m'ont fait remarquer que j'aurais pu écrire.
Je les remercie de leur compassion...
Mais entre les médications et le repos forcé l'envie d'écrire n'était pas là.

Face à la blessure j'étais seul, et cela occupe à plein temps.
Cela permet de se réparer, aussi; même en sachant que les blessures physiques ne sont que peu de chose au regard des blessures morales.
Pour ces dernières, ce sont surtout la famille et les amis qui comptent, et je remercie celles et ceux qui m'ont soutenu.

Avril arrive, c'est le printemps, nous venons de changer d'heure; enfin, je crois.
"Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver".

Voilà, vous avez enfin "une petite citation pour bien finir la semaine".
Merci posthume au regretté Pierre DESPROGES (1939 - 1988), trop tôt disparu.

dimanche 19 mars 2017

Agression de militaires à Orly ce 18 mars 2017

L'agresseur est mort, abattu par les deux autres militaires après avoir réussi à s'emparer du fusil de la militaire féminine de la patrouille  "Sentinelle" qu'il avait pris en otage avec une arme de poing.

Le point de vue du Procureur de la République:
samedi 18 mars
19h54 CET
«Le choix d'une cible militaire, le signalement pour radicalisation dès 2011 et la revendication "au nom d'Allah" sont des éléments qui justifient la saisine du parquet anti-terroriste», explique le procureur de la République.
19h51 CET
Le procureur de Paris indique que l'enquête en cours s'attachera à déterminer «les motivations» de ces quatre passages à l'acte en l'espace de quelques heures.
Multi-récidiviste et condamné à plusieurs reprises à de la prison ferme, Ziyed Ben Belkacem était en liberté sous contrôle judiciaire. Il avait été repéré comme radicalisé dès 2011 lors d'un passage en prison.
19h44 CET
Précisions du procureur de la République :
«Ziyed Ben Belkacem, après avoir tiré sur un policier lors d'un contrôle de police et pris la fuite, a braqué un bar du Val-de-Marne où il avait ses habitudes.
Abandonnant son véhicule pour en voler un autre, il s'est alors rendu à l'aéroport d'Orly, seul. Il a alors jeté au sol, dans un hall d'embarquement situé au premier étage de l'aéroport, son sac à dos contenant une bonbonne d'hydrocarbures.
"Je suis là pour mourir pour Allah, de toutes façons il va y avoir des morts", a-t-il lancé au moment où il a attaqué une militaire dans l'aéroport. Il détenait un Coran sur lui au moment des faits.»

Commentaires personnels:
A titre posthume, Ziyed Ben Belkacem a été baptisé (étant Musulman, il ne pouvait pas être re-baptisé) Ziyed Ben Belgacem pour la presse et les différents médias.
Je me demande bien pourquoi ?

Si la réaction des militaires de l'Armée de l'Air qui ont été attaqués est bien la bonne et mérite félicitations, je ne partage pas les commentaires visant à nous démontrer a posteriori "l'efficacité" des patrouilles de l'opération Sentinelle.
En effet c'est exactement l'inverse qui s'est produit. L'agresseur n'ayant pas hésité à agresser cette patrouille de trois militaires armés.
La dissuasion produite par une telle patrouille sur les terroristes (un vieux repris de justice en l'espèce) est à l'évidence totalement nulle.

Ces patrouilles ne font que fournir des cibles bien visibles aux agresseurs, que ces agresseurs soient des déséquilibrés ou des terroristes.
L'action de la patrouille relève de l'autodéfense, de la légitime défense, et pas de la protection de la population.

Encore une fois bravo à nos militaires pour la détermination et l'efficacité de leur réaction.
Maintenant, nos militaires sont-ils payés pour servir de paratonnerre à la foudre des agresseurs ? 
Là est la question.
On peut répondre oui à cette question, mais personne ne la pose.

Un service de police en civil, un service de sécurité en civil armé, seraient probablement plus efficaces.

Apparemment, il y a eu un quart d'heure de présence de l'agresseur entre le parking et le hall où a eu lieu l'agression.
Personne n'a détecté l'agresseur tant qu'il n'a pas choisi et attaqué sa cible: la femme de la patrouille.
La question de la mixité (qu'on ne veut surtout pas nous poser, bien entendu) est DE FAIT dans le débat également.

lundi 13 mars 2017

Entorse sévère pour le fonctionnement de ce blog

Bonjour,
Un souci de santé assez bête mais très douloureux (une entorse dite "sévère") me bloque à domicile.

Cela peut durer jusqu'à la fin de ce mois de mars, et contrairement à ce que l'on pourrait penser l'immobilité ne favorise pas forcément la pensée philosophique quand elle s'accompagne d'anti-inflammatoires et d'anti-douleurs de façon conséquente.
Vivre en ne comptant que sur une seule jambe ne facilite pas la rapidité de pensée...

Je suis donc amené à limiter mon expression sur ce blog et mon blog Google+ associé.
Pour autant je pense bien à vous. J'espère bien qu'avant Pâques je serai rétabli.

Merci de votre lecture, et à bientôt.

dimanche 5 février 2017

Restons prudents pour souhaiter la bonne année

Je vous ai adressé des vœux un peu rapidement, et après consultation d'un avocat, je me suis rendu compte de l'imprudence de ma formulation. Vous souhaiter une bonne année, une bonne santé et la prospérité, me soumet, en effet, au risque de poursuites...
 Voici donc la version rectifiée de mes vœux, et qui est en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.

Nouvelle formulation:
Je vous prie d'accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de votre part, mes vœux à l'occasion du solstice d'hiver et du premier de l'an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.
 Ces vœux concernent plus particulièrement :
- la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d'une quelconque volonté de m'immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une convention obsèques ;
- la prospérité, étant entendu que j'ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d'imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti ;
- le bonheur, sachant que l'appréciation de cette valeur est laissée à votre libre arbitre et qu'il n'est pas dans mon intention de vous recommander tel ou tel type de bonheur.

Nota Bene :
Le concept d'année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés. Son emploi n'implique aucun désir de prosélytisme. La légitimité des autres chronologies utilisées par d'autres cultures n'est absolument pas mise en cause.

Notamment :
- le fait de ne pas dater ces vœux du yawm as-sabt 1 Safar de l'an 1434 de l'Hégire (émigration du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d'islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5773, ne constitue ni un refus du droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l'humanité ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 3ème jour (du Chien de Métal) du 11ème mois (Daxue, Grande Neige) de l'année du Dragon d'Eau, 78ème cycle, n'implique aucune prise de position dans l'affaire dite "des frégates de Taïwan" ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du Quintidi de la 3ème décade de Frimaire de l'an 221 de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.
Enfin, l'emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu'elle est la seule couramment pratiquée par l'expéditeur. Tout autre idiome a droit au respect tout comme ses locuteurs.

Clause de non responsabilité légale :
En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure.
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n'ont fait l'objet d'aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d'une année, à la condition d'être employés selon les règles habituelles et à l'usage personnel du destinataire.
A l'issue de cette période, leur renouvellement n'a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l'expéditeur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d'âge, de genre, d'aptitude physique ou mentale, de race, d'ethnie, d'origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d'appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l'absence, totale comme partielle, de réalisation n'ouvre pas droit à compensation.
En cas de difficultés liées à l'interprétation des présentes, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile de l'expéditeur.

Après ce préambule je me permets de vous confirmer mes vœux :
BONNE ANNÉE 2017

mardi 13 décembre 2016

Couvert de papillons l'arbre mort est en fleurs!

Quant à Minuit, la phrase revient, c'est peut-être un hasard... C'est peut-être un signe.
C'est en tous cas à la mémoire d'un camarade récemment décédé, Philippe DUVERNOY; Auditeur de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale, et passionné par le Japon.

Que la terre soit légère à tes cendres, mon camarade. Requiescat in pace.


samedi 3 décembre 2016

vendredi 25 novembre 2016

Entre deux maux il faut choisir le moindre

Précepte devenu proverbial que d'aucuns cherchent à attribuer à des philosophes antiques comme Aristote ou Socrate pour essayer d'écarter le Saint homme que fut Monseigneur Alphonse De LIGUORI à Naples. Le malheureux (devenu d'ailleurs très vite Bienheureux après son décès) n'a jamais demandé de son vivant tant de notoriété.

C'est après un échec retentissant dans un procès où il était Avocat contre le Grand Duc de Toscane Cosme III qu'il décida de se retirer définitivement de la vie mondaine. 
Un bien bel exemple à méditer...

La grandeur de son engagement total pour soutenir les plus pauvres jointe à la qualité de ses écrits en dépit d'une santé affligée de nombreux maux (il reçut huit fois l'extrême-onction dans sa vie) l'ont mené à une reconnaissance posthume bien plus élevée que tout ce qu'il aurait espéré de son vivant.

Il est le Saint patron des confesseurs, moralistes et théologiens.

samedi 19 novembre 2016

La différence entre le politicien et l'homme d'Etat

Auteur américain du XIXe siècle peu connu en France, ou en tous cas pas autant qu'il devrait l'être.
La sentence mérite d'être connue autant que lui.

dimanche 6 novembre 2016

Quand la prudence est partout

Avec un peu de mal à retrouver Monseigneur le Cardinal MERCIER, grande figure de la résistance Belge durant la première guerre mondiale, qui eut quelques-unes de ces phrases admirables qui traversent notre temps.

Avec la satisfaction de pouvoir finalement le citer en le nommant, alors qu'il est souvent et modestement oublié comme auteur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sir%C3%A9-Joseph_Mercier
Un grand homme, plus qu'un Prince de l’Église.


mercredi 19 octobre 2016

Attention au Cash

J'aime la presse libre et indépendante, mais je fais attention à ce qu'en recevant du cash il n'y ait pas de fausse monnaie.

Hier sur France 2 une émission d'investigation, qui suit une ligne éditoriale qui lui est propre, a choisi de parler des partenariats public privé (PPP).
Excellente idée, sauf qu'en fait il n'était question que d'une opération (le grand stade de Nice) et dans un dossier qui n'était pas instruit à charge et à décharge, mais bien lourdement à charge.

Pour comparer à ce qui existe en matière de justice, ce n'était pas le dossier du juge d'instruction mais celui du procureur.
Où donc était le dossier de l'avocat ?


La liberté d'expression, la liberté de la presse, sont des libertés fondamentales en France.
Le droit à se défendre et à être défendu, le droit à être jugé équitablement, dans un délai raisonnable et de façon impartiale est un droit qui n'est pas moins fondamental.

Je n'ai pas eu l'impression qu'il ait été respecté.
Je n'ai pas eu l'impression d'un débat réellement contradictoire.
Et c'est vraiment dommage.

Je précise que je ne joue pas au football, et que je ne vote pas pour le Maire de Nice en fonction du nombre de buts marqués dans l'enceinte de l'Allianz - Riviéra mais en fonction d'un bilan de mandat et des projets d'avenir pour la ville.

Que ce soit Christian ESTROSI ou Philippe PRADAL, s'ils sont accusés (ce qui sauf erreur de ma part n'est pas le cas pénalement à ce jour), ils ont le droit à se défendre et à être défendu, le droit à être jugé équitablement, dans un délai raisonnable et de façon impartiale; et ce droit est fondamental.
Sinon, ce n'est plus de l'information, c'est de la propagande. Ce n'est plus de la justice, c'est du lynchage.

J'ose croire que ce n'est pas là l'intention de l'ensemble de nos média dont je soutiens par ailleurs la liberté d'expression et le professionnalisme, donc attendons la suite qui sera certainement intéressante.
Didier CODANI

dimanche 16 octobre 2016

En politique...

Elle est mignonne, et bien amenée dans le débat.
Même si ce n'est qu'une petite phrase.
Elle fera moins de polémique que le chef de l’État traitant les Magistrats de "lâches".
Et pourtant, ce tollé médiatique où tous se sont précipités pour signer d'avance la mort politique du Président de la République est-il si intelligent ?

Combien de Français pensent tout bas ce que leur Président a dit ou laissé dire si haut ?
Personne ne s'est risqué à l'évoquer.
Tous les bien-pensants préfèrent s'indigner.

Les Français ont un bulletin de vote, ne l'oublions pas.
Le plus bête n'est peut-être pas celui que l'on croit...
En politique, on peut mourir plusieurs fois. Il faut juste savoir quand et comment.

vendredi 7 octobre 2016

Je n'oublie jamais un visage

En mémoire de tous ceux pour qui j'ai fait cette exception.
Ils se reconnaitront. 

Julius, Henry, "Groucho" MARX, 1931

Ralph F. Stitt, Rivoli TheatreNew York World-Telegram and the Sun Newspaper Photograph Collection, Library of Congress, Reproduction number LC-USZ62-126207 Cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis sous le numéro d’identification cph.3c26207.

vendredi 16 septembre 2016

Verdict de première instance concernant Sisco

Après des débats sereins et même disons-le d’une qualité qui honore la Justice, la décision de première instance est rendue :
2 ans de prison ferme contre le principal auteur des faits, et des peines de prison avec sursis contre les autres personnes impliquées, avec des peines plus lourdes concernant les deux Siscais accusés que celles concernant les autres Marocains impliqués.

https://blogs.mediapart.fr/d-codani/blog/160916/verdict-de-premiere-instance-concernant-sisco
L'article complet est en ligne sur Médiapart:
https://blogs.mediapart.fr/d-codani/blog/160916/verdict-de-premiere-instance-concernant-sisco

Vous pouvez commenter ici, sur mon blog Google+ ou sur Médiapart.
Rappelons que l'on ne commente pas une décision de justice en elle-même.
"Chercher à jeter le discrédit" pourrait être réprimé par l'article 434-25 du Code Pénal français.
Le commentaire n'est pas "interdit" mais limité à ce qui est "normal".
Dans le doute, attention aux commentaires...

Une version PDF non illustrée est téléchargeable sur Médiapart:
https://static.mediapart.fr/files/2016/09/16/20160916-verdict-de-premiere-instance-concernant-sisco.pdf

vendredi 9 septembre 2016

La République sans bien commun n'est pas la République

Qu'il me soit permis de stopper net les colleurs d'étiquettes:
Il est possible de citer Mahomet sans être Musulman, ou Joseph STALINE sans être un assassin.

C'est l'esprit de la citation qui compte, plus que la lettre, plus que l'auteur.
(Celle-là est de moi, notez-le bien... et je nous la garde pour plus tard.)

mardi 6 septembre 2016

To be or not to be... that is the Sisco burkini

Dans une ordonnance rendue ce jour le Tribunal Administratif de Bastia vient de donner raison au modeste Maire (Socialiste) de Sisco en Haute-Corse qui aurait donc "à bon droit" pris un arrêté interdisant le "burkini" sur les plages de sa commune, contre la Ligue des Droits de l'Homme.

La LDH; forte d'une jurisprudence continentale récente ( contre un arrêté pris à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes), est donc déboutée.
On a sans doute commis bien des erreurs dans cette enfilade des procédures.

La première est à mon humble avis d'avoir accordé une importance symbolique et religieuse à ce que le Tribunal Administratif nomme délicieusement "costume de bain".
Modèle rétro des maillots de bain de nos arrière-arrière-grands-mères (c'est dire si on remonte loin en arrière) cette création commerciale pour Musulmanes d'Océanie en mal d'affirmation identitaire, date bel et bien du XXIe siècle et n'a jamais reçu la moindre reconnaissance dans les textes sacrés de l'Islam. Et pour cause, vu la façon dont le vêtement est né, comme vu sa date de naissance.
Donc première erreur, pour le plus grand bonheur de ceux qui en vendent, quand nos politiques (et non des moindres) se lancent dans une soi-disant bataille qui est plutôt une guerre de chiffonniers.
Surfant là-dessus (n'essayez surtout pas le surf avec un burkini, vous allez périr noyées, c'est juste une expression...) quelques manipulateurs en affublent des épouses ou concubines consentantes, voire des enfants, et nous sommes partis pour le grand cirque des étés en mal d'images médiatiques et de sensations télévisuelles au mois d'août.
Rien de nouveau sous le soleil, ça marche toujours. Plus c'est gros plus ça passe.
Même quand on réalise qu'à la sortie de l'eau ça peut être plus indécent qu'un monokini, ou plus dégoutant qu'un chien mouillé, suivant la plastique de celle qui le porte.

Seconde erreur, mais toujours dans la logique médiatique de l'audimat, on se met à commenter la plus petite décision de justice comme si Dieu lui-même avait foudroyé les mères ou les Maires, suivant les premiers jugement rendus. On va même traiter le Maire d'Antibes de "traître" (ou de "renégat", je crois avoir entendu les deux) alors qu'il refuse fort sagement de se lancer dans une interdiction sans motif.
Or, en France, on ne commente pas les décisions de Justice.
Je sais, ça plait aux politiciens, quand la décision va dans leur sens; ça plait aux journalistes, quand leur rédacteur en chef les envoie sur les plages de la Côte d'Azur; donc ça devrait plaire à tout le monde, n'est-ce-pas?
Mais non, ça ne plait pas aux lois de la République Française.
On ne commente pas les décisions de Justice. Du moins on ne devrait le faire qu'avec la plus extrême prudence.
Troisième erreur, tout à la joie presque indécente d'avoir obtenu l'annulation d'un arrêté municipal, "on" tire des plans sur la comète au mépris de toute notre tradition judiciaire, avec des discours fabuleux venant d'experts "judiciaires" en carton sur l'application - n'en doutons pas - de cette jurisprudence comme une loi constitutionnelle de la République.

Seulement voilà, désolé pour tous ces britanniques de coeur, tous ces américains de cervelet, la tradition judiciaire Française ne fonctionne pas ainsi.
Dans les pays anglo-saxons il y a peu de textes, et une jurisprudence pesante.
Dans les pays latins, de droit romain, (les "non-skiing countries") il y a des textes précis qui disent du mieux possible la loi, et une jurisprudence qui a toujours été indicative et non impérative.
Ce qui veut dire que le Juge dans notre beau pays de France est bien maître de ce qu'il juge.

Si nous avions eu moins d'experts en "droits de l'homme" sur nos écrans et à nos micros, avec un peu plus de vrais juristes ou auxiliaires de Justice, il était facile de le savoir... Mais les plus modestes ne sont que rarement les premiers devant les micros et les caméras.

Quatrième erreur? Non. Il ne peut pas y avoir de quatrième erreur.
En France et dans le monde, Mesdames, Messieurs, le journaliste parisien ne se trompe jamais.
Il a juste - parfois - un point de vue un peu différent du commun des mortels...

Donc il va falloir attendre un peu - pour ceux qui ont gardé le numéro du Canard Enchaîné affirmant noir sur blanc qu'il n'y avait pas de burkini à Sisco - avant que "le Canard" ne vienne le reconnaître.

Car cette petite décision de justice est très claire:
"Compte tenu des événements du 13 août", "la présence d'une femme portant un costume de bain de ceux visés par l'arrêté du 16 août 2016 serait dans les circonstances particulières de l'espèce de nature à générer des risques avérés d'atteinte à l'ordre public qu'il appartient au maire de prévenir".
A tout le moins, quelle que soit la suite, elle établit qu'il y avait bel et bien burkini en cause. 

Soyez tout de même rassurés, le rédacteur en chef du "Canard" (un homme prudent) a prévu une rubrique "pan sur le bec" pour toutes les fois où ses collaborateurs enthousiastes vont un peu trop vite dans le sens qui plait à Paris. Et il faut dire qu'ils s'en servent de cette rubrique. C'est tout à leur honneur. C'est honnête de l'avoir, et encore plus de savoir s'en servir.
Il faudra juste installer la même dans le principe, avec un autre titre peut-être, sur Médiapart.

Pour ceux qui s'en offusqueraient, je les renvoie au merveilleux article d'Ellen SALVI,

toujours en ligne là: https://www.mediapart.fr/journal/france/230816/en-corse-coleres-et-fantasmes-rendent-la-situation-explosive?onglet=full
Article qui nous indique, je cite en copier coller (à ce jour c'est encore en ligne):

"Ce samedi 13 août, dans la crique de Sisco, il n’y avait ni burkini, ni burqa, ni machette, comme l’avaient pourtant affirmé certains témoins."

C'est vrai que c'est si beau la Corse, même au mois d'août. On n'en est pas à un burkini près... Et puis, tout le reste est tellement bien écrit, tellement recherché, qu'on lui pardonne.