samedi 20 août 2016

Violences à la Marine de Sisco (Haute-Corse)



Il y a maintenant une semaine, le 13 août 2016 survenaient sur le territoire de la commune de Sisco dans le Cap Corse, à quelques kilomètres au Nord de Bastia, différents incidents qui allaient rapidement devenir violents en mobilisant la population locale contre les exactions de quelques Maghrébins.


Le déroulement de cette affaire mérite que l’on y réfléchisse un peu,  en notant en premier les faits incontestables, comme l’a si bien fait le Procureur de la république de Bastia, Monsieur Nicolas BESSONNE, ce 17 août 2016. Car « bâtir une théorie avant d’avoir des données est une erreur monumentale : insensiblement on se met à torturer les faits pour qu’ils collent avec la théorie, alors que ce sont les théories qui doivent coller avec les faits (Sir Arthur CONAN DOYLE). »

Quels sont donc les faits que les militaires de la Gendarmerie ont pu reconstituer ?
Dans une conférence de presse, le Procureur de la République de Bastia nous donne des éléments qui concordent de tous côtés, et que donc nous pouvons considérer comme recoupés et dignes de foi.

Un groupe familial de Maghrébins, étrangers (la nationalité est connue et donnée) en situation régulière en dépit de diverses infractions pénales ayant frappé les hommes comme une femme de ce groupe (les faits sont donnés : trafic de drogue, outrages, et même rébellion) décide d’aller à la plage et ils choisissent la Marine de Sisco.
Je précise, ayant entendu quelques délires journalistiques parisiens qu’il n’existe pas de « ville » de Sisco et que Sisco est en réalité une sorte de « métropole » historique avant la lettre puisqu’elle regroupe différents hameaux (quelques maisons à chaque fois) de bergers de cette vallée du Cap Corse. L’épicentre de cette commune n’est donc pas une zone urbaine en bord de mer, mais plutôt un beau village d’une vallée de montagne, assez dispersé, qui dispose de sa « Marine » : son débouché sur la mer. Ce point a son importance, on le verra par la suite. Il explique à la fois les délais de réaction et la forme de la réaction.

Aller au bord de mer à la mi-août pour le week-end du 15 août n’a rien d’extraordinaire, même pour une famille Maghrébine de Lupinu, cité HLM du Sud de Bastia. Ce qui va commencer à l’être, c’est l’apposition d’un panneau pour interdire l’accès à la crique où ces gens choisissent de venir se baigner. C’est là une appropriation totalement illégale du littoral. Une « privatisation » dont Monsieur le Procureur va très aimablement limiter la portée en précisant que bien entendu ce n’était pas légal et que les gens pouvaient passer nonobstant ce panneau. 

N’empêche… avons-nous, vous, moi, habituellement un tel panneau  préparé dans le coffre de la voiture pour aller à la plage ? Moi non.  Pourquoi un tel panneau ? Est-ce parce que l’une de ces dames se baigne en « burkini » ? Cette mode récente et inexistante encore l’an dernier ne semble en rien conforme à la pudeur qu’elle affiche, car en ressortant de l’eau le plaquage des vêtements mouillés est encore plus suggestif qu’un maillot de bain. Peut-être est-ce pour cela, mais à ce jour rien ne le dit au public. Nous savons qu’il y avait panneau, et « burkini », et c’est tout.


Arrivent des touristes, Belges d’après le Procureur, trop légèrement vêtus (tout simplement en maillot de bain, ce qui n’a rien d’extraordinaire vu la plage et la saison). Les Maghrébins les chassent avec des insultes et des pierres. Pas jetées sur eux, nous dira le Procureur, mais tirées à côté, pour les effrayer. En somme, comme aucune pierre n’a blessé qui que ce soit à ce stade ; nous allons admettre que c’était « pour effrayer », au bénéfice du doute. Mais le coin est assez beau et les touristes en août, ce n’est heureusement pas ce qui manque dans le Cap Corse, donc il en revient pour faire cette fois des photos du paysage. Décidément irascibles, cette fois les hommes du groupe foncent sur eux pour leur faire un sort. Les mines ne devaient pas être aimables, les mots non plus, puisque, effrayés, les touristes prennent la fuite.

Arrivent les enfants du village (15 à 18 ans) qui viennent eux aussi profiter du bord de mer et qui assistent à la scène. Mais eux c’est leur village. Alors ils ne prennent pas la fuite, bien que ce ne soient que des mineurs, garçons et filles, une de ces petites bandes qui rassemble en été tous ceux qui sont « obligés » de suivre Papa et Maman qui par un « instinct grégaire » inexplicable refusent de rester dans la civilisation et le confort de Paris, Lyon, Marseille, ou même Bastia et rejoignent chaque été de vieux cousins dans un coin de montagne où sont nés et morts leurs ancêtres. Si vous n’êtes pas Corse, laissez tomber, c’est un mystère inexplicable… si vous êtes Corse, tant que vous en avez les moyens vous le faites chaque année, donc pas besoin de vous expliquer.
Qu’ils soient habitants à l’année ou cousins-cousines de la « diaspora » ces jeunes sont profondément Corses, et de leur village, pas du voisin. Donc eux, les cris et les insultes ne les feront pas partir, pas plus que les jets de pierres. Même face à des hommes armés d’une quarantaine d’années, même avec leurs femmes qui crèvent les pneus des voitures garées à coups de couteau.

A partir de là les versions divergent, et ce sera à la Justice d’apprécier et de se prononcer. Le faire par avance serait un outrage au Tribunal, je m’en garderai bien. Contentons-nous d’observer que ces jeunes gens sont sans armes alors que les Maghrébins disposent d’armes (harpon, batte de base-ball…) et que certains adolescents seront blessés. Alertés, deux parents des jeunes vont se précipiter, mais sans pouvoir avancer l’un d’entre eux étant même blessé par un harpon de pêche sous-marine. Rappelons que ce n’est pas fait pour tirer sur les gens, cet engin-là et que la pêche à la batte de base-ball reste à inventer. Donc enfants blessés, un parent blessé, et le bruit qui se répand (les téléphones portables passent dans le Cap Corse, il y a du réseau) dans les familles.

Qu’aurions-nous fait, en tant que parents ? Immédiatement les familles entières quittent toute occupation, comme autrefois au son du tocsin, et descendent « à la Marine » où leurs enfants sont en danger. En danger, en plein mois d’août, le week-end du 15 août, fête quasi-nationale en Corse. 

Ils vont se trouver face à ce groupe de Maghrébins arrogants (si à ce stade-là vous n’avez pas compris qu’ils étaient arrogants, c’est à désespérer), face à ce panneau inimaginable, adolescents et adultes, blessés… Et ils vont réagir effectivement avec colère et violence, mais eux sans armes, face à des gens armés. L’un des agresseurs en fera les frais très sérieusement, les autres, soit qu’ils soient plus doués pour la fuite, soit que les Gendarmes soient arrivés à temps, s’en sortiront avec moindre mal.

Les habitants blessés et le Maghrébin le plus sérieusement blessé sont évacués à l’hôpital de Bastia. Les voitures des Corses comme des touristes ont eu leurs pneus crevés par le groupe Maghrébin, les voitures des Maghrébins (qui n’ont pas eu les pneus crevés par ces derniers) sont brûlées sur place. Nous sommes dans la nuit du 13 août et les faits d’origine de ces violences viennent d’avoir lieu.


Tels sont les faits, agrémentés de commentaires de mon cru pour vous en rendre la lecture plus sympathique, car la lecture d’un rapport de Gendarmerie n’est guère attractive en cette saison (y aurait-il une saison où c’est attractif, d’ailleurs ?).

A la suite de ces faits, différentes choses vont se produire, et en premier une manifestation spontanée – hors de toute manipulation politique – devant la Mairie de Bastia, le 14 août. Elle sera suivie par 500 à 600 personnes. Ce qui, le 14 août, est remarquable.  Les blessés seront visités à l’hôpital, le Préfet de Haute Corse recevra une délégation, et il fera intelligemment durer les choses assez longtemps pour permettre à un escadron de Gendarmes Mobiles de prendre position à Lupinu avant que la foule n’y descende aux cris de « On est chez nous ». Ce qui fait que – Bravo au Préfet et aux Gendarmes - tout en respectant le droit de manifester, l’ordre public sera peu troublé.

S’en suivra une conférence de presse du Procureur de la République Monsieur Nicolas BESSONNE, dont le discours pourrait à l’avenir être pris en exemple pour enseigner la gestion de crise.
Il n’esquive rien, dit les faits, en reste aux faits, donne les éléments que fatalement on allait découvrir (les infractions pénales antérieures des Maghrébins), et montre tout à la fois sa fermeté comme la volonté d’apaisement. En bref il ne s’abrite pas derrière ses fonctions, il n’excuse rien ni personne, sans langue de bois il parlera de « logique de caïd » pour l’appropriation de la plage, et surtout il se garde bien de pousser l’avantage de l’accusation (qui est évident) trop loin, afin que les droits de la défense soient respectés. La gestion des arrestations et des gardes à vue sera de la même qualité jusqu’à l’audience. Ni trop ni trop peu. On pourrait même dire que c’est un cas d’école. Certes il use de formules à la limite amusantes (« réaction grégaire à un comportement inadapté »), mais en bornant particulièrement bien le débat : « D’un côté il n’y a pas de personnes radicalisées et de l’autre il n’y a pas de méchants racistes… ».

La récupération politique n’aura localement pas lieu réellement. Certes le Président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy TALAMONI fera quelques déclarations, mais ce sera une position de solidarité avec  les villageois de Sisco et pas une tribune politique. En dehors des séparatistes et des nationalistes personne ne va se lancer dans des déclarations. La décision du Maire (socialiste) de Sisco de prendre un arrêté interdisant le « burkini » sur la plage de sa commune est plus une mesure d’apaisement qu’autre chose. Le « burkini » n’est pas le cœur du débat en Corse. Cette sorte de « mode » qui est en réalité une provocation sur le continent fait plutôt rire en Corse. « S’ils veulent se baigner en pyjama, ils n’ont qu’à faire ça dans leur baignoire » m’a dit – en riant – un parent.

La grande presse a été fidèle à elle-même, ou plutôt fidèle aux grandes lignes éditoriales dictées depuis Paris. Comme pour Ajaccio en décembre dernier on va reprendre des schémas « continentaux » totalement inadaptés, on va chercher des « terroristes » et des « racistes » pour vendre le plus de papier possible… sur le continent. Quitte à se ridiculiser une fois de plus en valorisant - France entière - le faux témoignage d’un Maghrébin. Quitte à occulter les faits. Quitte maintenant que les faits sont établis à minorer au maximum toute l’affaire en la réduisant à une bagarre de village, ou « la pauvre affaire de Sisco ». Malheureuse affaire qui ne va pas dans le « bon » sens du rédacteur en chef… Corse-Matin mettra aussi un temps à prendre la mesure des faits. C’est pour ma part un ami, connaisseur de ces manipulations, qui attirera mon attention sur ce décalage entre le traitement médiatique décalé de l’information et le peu de faits donnés au grand public en début de cette affaire.


Ces violences à la Marine de Sisco, je les crois riches d’enseignement.
D’abord par la rapidité de réaction et la bonne coordination entre l’exécutif et le judiciaire. Rapidité des Gendarmes, qui évitent le pire, efficacité du Procureur, qui sait mettre en valeur les Gendarmes et donc en obtiendra plus qu’un autre, tant sur les lieux de l’incident que pour protéger la cité d’où viennent les agresseurs. Coordination avec le Préfet de Haute-Corse qui gère ce mouvement de foule sans heurts majeurs alors qu’un rien aurait pu faire dégénérer les choses. Mesure et discrétion de la classe politique Corse qui s’abstient de récupération et reste simplement solidaire de la population.

Ces violences sont aussi riches d’enseignements sur la tolérance, voire la bienveillance, dont nos juridictions et notre « état de droit » font preuve à l’égard d’étrangers. Certes en situation régulière, mais auteurs (une en particulier) d’actes réprimés pénalement. Nous avons assez de criminel(le)s français en France sans en importer, ou sans les rendre à leur pays d’origine (qui est connu) quand ils ou elles se distinguent de cette façon désagréable sur notre territoire.

Parlons du territoire. Au chapitre I intitulé « Approximations » de son ouvrage « L’Art de la Guerre » le stratège chinois Sun Tzu écrivait, il y a plus de vingt-cinq siècles maintenant : « La terre est le fondement de l’Etat, comment pourrait-on la donner ? ».  En Corse, et encore plus particulièrement dans l’en-deçà, existera avec Sambuccuciu d’ALENDO en 1358 la révolte qui conduira à la « Terra di u Cumunu ». Une structure communautaire marquante dont l’application fait partie du fonds culturel et politique en Haute-Corse. Ces éléments, qui peuvent paraître ésotériques vus hors de Corse, ne sont pas-du-tout étrangers à la force de la réaction populaire (« réaction grégaire » pour le Procureur) qui a animé la population de cette vallée Capcorsine de Sisco.
En novembre 1755, Pascal PAOLI disposait, dans la Constitution Corse des paragraphes entiers concernant  exactement la répression à exercer… pour ce qui s’est passé à Sisco ces jours-ci. Et Madame Dorothy CARRINGTON, dans les commentaires qu’elle en fait en 1996 conclut en soulignant qu’en 1755 les traditions communautaires s’étaient « depuis longtemps dégradées », mais elle relève « in fine » l’énergie avec laquelle le peuple avait répondu à la levée en masse pendant près d’un an. Que ceux qui douteraient de la persistance ces fondements culturels et politiques dans l’inconscient collectif local écoutent à nouveau (tant qu’elle sera en ligne) la vidéo du rassemblement devant la Mairie de Bastia, à 1minute 50 exactement, c’est bien de « Chjama » qu’il est question, et c’est bien à cet appel antique que les gens répondent. Face à une atteinte à la terre, à une attaque armée contre leurs enfants, tous ces gens sont descendus spontanément de chez eux.

Les agresseurs auraient été Parisiens ou Islandais, la réaction aurait été la même. Les agresseurs n’auraient pas eu de casier judiciaire, la réaction aurait été la même. Quant au « burkini » même pas on n’en parle. Tout le monde s’en moque. En revanche, quand on prétend toucher à la terre, quand on s’en prend violemment aux personnes, il y a là une réaction du corps social qui est unanime.

Pourquoi en Corse et pas sur le continent ? Peut-être parce que l’on est trop formaté par les grands médias sur le continent. Peut-être parce que le fonds culturel et politique n’est pas le même. Mais je me souviens de la réaction au monument du centenaire de Nice le 18 juillet 2016. Je ne dis pas plus : « Le peuple Français est endurant, tolérant, chaleureux, mais ses qualités ont des limites. »

Passez un bon été. Rendez-vous le 15 septembre, entre autres. Affaire à suivre…
Didier CODANI

P.S.:  
https://blogs.mediapart.fr/d-codani/blog/200816/violences-la-marine-de-sisco
https://static.mediapart.fr/files/2016/08/20/violences-a-la-marine-de-sisco.pdf
 

 

vendredi 19 août 2016

Voilà les gars de la Marine

Une part notable de l'actualité cette semaine était centrée sur les violences à la Marine de Sisco, en Haute-Corse; alors plutôt qu'une citation morale ou moralisatrice qui était trop facile, je vous propose ce vieux (1931) refrain tiré de la marche "Voilà les gars de la Marine" du film "Le Capitaine CRADDOCK" (dont le dessinateur de BD Belge HERGE s'inspirera pour le personnage magnifique du Capitaine HADDOCK) et que la Marine Française d'avant-guerre (comme la qualité du même nom) avait largement adopté. Du Chili jusqu'à la Chine...


Chanson de grands-pères ou d'arrières-grands-pères, plus coquine qu'il n'y parait quand on la chante en entier. Elle illustre un certain art de vivre, toute une époque que certains voudraient croire morte mais dont les valeurs restent vives, particulièrement en Corse.

Vous avez échappé à "La fille du Bédouin" (avec ou sans burkini) aux paroles tout aussi gauloisement interprétables, qui me tentait bien également...

Une petite plongée dans les années 1930, "La grande dépression" de l'entre-deux guerres.

C'est l'été, il fait chaud, piquer une tête nous fera le plus grand bien. En attendant quelques lignes que j'entends bien publier ici et/ou sur Médiapart ce week-end concernant ces violences à la Marine de Sisco, que je trouve finalement bien riches d'enseignements.

samedi 13 août 2016

Dulce et decorum est pro Patria mori

Pour ces trois hommes qui - au péril de leur vie - se sont lancés à mains nues dans l'action pour tenter d'arrêter ce camion assassin conduit par un terroriste, qui fauchait une centaine de victimes innocentes sur la Promenade des Anglais à Nice, dans la nuit du 14 juillet 2016.

Pour ceux de nos forces qui par leurs tirs à tuer, face à l'assassin, ont pu mettre fin à ce massacre.

Pour tous ceux qui, évitant ce camion, n'ont pas pris la fuite; mais qui sont restés debout pour évacuer au mieux les rescapés, porter assistance aux blessés, et veiller à ce que les morts ne soient pas profanés ou volés par des pillards...

Que ceux qui ont revendiqué ce crime sachent qu'ils échoueront toujours, face à de tels hommes et femmes de France. 
Et que les armes de la France leur fassent maintenant payer leurs attentats...

samedi 6 août 2016

Les médiocres ont pris le pouvoir

Après des études de philosophie en France (où il revient parfois) il enseigne au Canada.
Auteur de "Noir Canada", qui a donné lieu à un changement de la législation canadienne en son temps, Alain DENEAULT a su écrire - et bien écrire - sur le thème de la "Gouvernance" d'abord et sur celui de "La médiocratie" ensuite.
Il dénonce actuellement les paradis fiscaux dans la plupart de ses travaux.

Pour mémoire, c'est au croiseur russe "Aurore" qu'il est fait référence lorsqu'en 1917 une salve à blanc de ses canons a annoncé l'assaut du palais d'hiver à Saint Pétersbourg, marquant ainsi le début de la révolution Soviétique et la fin de l'empire Russe. C'est actuellement un navire - musée.

En France, "L'aurore" évoque plus la célèbre "Affaire Dreyfus" et l'article "J'accuse" signé par Emile ZOLA qui fit polémique à l'époque. Dans cette affaire-là aucun coup de feu ne fut tiré...

dimanche 31 juillet 2016

Le meilleur moyen de se défendre contre eux

Proposé par une amie après l'attentat du 14 juillet 2016 Promenade des Anglais à Nice.
A méditer en revoyant les photos des lieux.

samedi 23 juillet 2016

lundi 18 juillet 2016

Attentat de Nice : Une minute de silence. Pas que. Plus que...

Comme plus de 40.000 personnes, 42.000 d'après la Ville de Nice, j'étais présent pour la minute de silence qui a eu lieu devant le monument célébrant le centenaire du rattachement de Nice à la France.


Moment amer, ce 18 juillet 2016, dès le début du rassemblement. Moment fort.
Avec les Gendarmes, les Policiers, les Pompiers, les Secouristes et quelques Militaires présents, en attendant le début de la cérémonie les commentaires étaient simples, clairs et nets.

Je ne les répèterai pas.
Ce qu'on vous dit parce que l'on vous fait confiance, n'a pas à figurer sur un blog.
J'écrirai juste que la colère était prévisible, tout comme l'on sentait déjà que ceux que l'on nomme "les corps constitués", ceux qui sont en tenue, avaient la faveur - pour ne pas dire l'amour - du public.

Ce n'est pas eux que le public a sifflés, hués; pas à eux que l'on a crié "démission" ou même "assassins". Et je met un S à "assassins".
Car ce n'est pas que Monsieur Manuel VALLS, qui a fait les frais de cette colère populaire.
Pas que.

Une colère rentrée, silencieuse, froide, le temps de la minute de silence.
Le respect pour les victimes et leurs familles, il était là.



Et puis... il y a eu la fin de cette première phase de commémoration, ce déplacement du monument du centenaire vers le kiosque à musique du Jardin Albert 1er.
C'est là que les huées ont repris, avec force; c'est là que les barrières ont commencé à bouger.
Je ne crois pas que ces cris de colère étaient destinés à un seul homme, fut-il Premier Ministre.
Pas que.

Il faut juste espérer que les hommes et femmes qui en avaient leur part -méritée ou non - l'ont compris; parce que pour entendre là il n'y a aucun doute, quand des milliers de personnes crient leur colère cela s'entend très bien. Il faut aussi savoir écouter. Un ou deux au moins l'ont fait.

Et puis... "Cedant arma togae" , à la suite des élus et des "hautes personnalités", sont venus des militaires, des secouristes, des gendarmes, des policiers, des sapeurs-pompiers...
Un instant de silence.
Une vague de chaleur qui est arrivée ensuite d'un coup, en forme de "hourra".
Une acclamation immense de milliers de voix qui a frappé au cœur tous ceux qui se dévouent dans l'ombre pour leurs concitoyens, avec une pluie d'applaudissements sous ce soleil d'été.

Oui, les secouristes, les pompiers, ont reçu en un instant la récompense de leurs nuits d'efforts, et ils n'ont pas été les seuls. Il y a eu plus que des pompiers ou des secouristes qui là, d'un coup, ont été plus distingués par la Nation, le peuple assemblé, que s'ils étaient dans une cour d'honneur.
Plus que.

Un contraste éblouissant entre la première partie du cortège qui s'est faite huer, et "la queue de la comète" qui se fait applaudir.
Il y a eu d'autres cris, que l'on aurait qualifiés de séditieux il y a plus de cinquante ans, plus que de colère je crois, qu'il a fallu apaiser, du mieux possible.
Plus que.

Passant devant cette foule en cet instant, avec cette ferveur qui venait de remplacer le mépris, je me rappelle cette petite phrase finale de Jean LARTEGUY dans "Les Centurions":
"Que Rome prenne garde à la colère des légions".

Il serait bon pour la France que cette Rome mythique qu'évoquait LARTEGUY en 1962 soit de nos jours quelque part dans un camp d'Afrique ou au Moyen-Orient, et pas dans un palais Parisien.

Le peuple Français est endurant, tolérant, chaleureux, mais ses qualités ont des limites.
Face au fanatisme, mais aussi à l'arrogance et aux demi-mesures, l'histoire nous enseigne, dès le XVIIIe siècle, qu'aucune garde prétorienne n'a jamais su longtemps résister à son courroux.

C'était une minute de silence.
Bien bruyante, ma foi.
Mais riche d'enseignements pour qui a des yeux et des oreilles.
Didier CODANI


samedi 9 juillet 2016

Pour avoir de l'instruction...

Napoléon HILL est une référence. Pas que pour un ancien Maire de Nice.
Une de ces grandes références du développement personnel et du management au XXe siècle, comme Dale CARNEGIE ou Peter DRUCKER.
C'est incontournable.

Je vous souhaite de prendre le temps de lire au moins une fois "Réfléchissez et devenez riche".
Même si vous ne devenez pas riche en numéraire, vous serez certainement plus riche dans votre ouverture d'esprit après l'avoir lu.

Cet homme était très fort.
Sa vie est passée. Ses écrits restent.
Profitez-en si vous pouvez.

dimanche 3 juillet 2016

La France ne peut pas héberger toute la misère du monde

Michel ROCARD est mort ce deux juillet 2016.
C'est l'une de ses phrases les plus célèbres, même si beaucoup disent qu'elle est "sortie de son contexte" un peu facilement. 
L'auteur lui-même la prononcera au moins trois fois publiquement.

Pour les puristes je vous ai ménagé un lien direct avec les archives vidéo de l'INA .
Comme ça, personne ne pourra dire que j'invente.

Ce n'est pas un hommage posthume (bien qu'il en mérite un) que je rends à Michel ROCARD.
La formule est belle, certes, mais il est aussi l'inventeur du RMI dont nous attendons encore de savoir à quoi servait exactement le "I", si ce n'est pour dire:  
"Il y a des sous ici" à toute la planète Terre.
Sans oublier la CSG pour financer le tout.

L'histoire jugera, maintenant, et nous dira si le RMI et la CSG ont été une richesse pour la France ou une source ininterrompue d'affaiblissement, par redistribution de sa richesse à des arrivants aussi nombreux que réguliers, avec ou sans papiers.

Paix à ses cendres.  
Je ne parle pas de la France, mais de Michel ROCARD, vous l'aviez compris.

jeudi 23 juin 2016

Toutes les explications du monde

Je ne crois pas avoir jamais cité François MITTERRAND, pourtant riche de citations au XXe siècle, auparavant.
C'est peut-être en raison de la sincérité, de l'émotion vraie de cette citation là, que je le fais.

Également parce qu'il arrive que l'on jette toujours, un quart de siècle plus tard, l'honneur d'un homme aux chiens avant même qu'il n'ait quitté ses fonctions, fussent-elles grandes ou humbles.

Alors oui, je cite François MITTERRAND, pour prendre date, pour que l'on s'en souvienne.

Je le dédie à nos fonctionnaires anciens et honnêtes, qui finissent leur carrière en étant restés fidèles à leurs convictions du premier jour de leur travail au service du public.
Et un en particulier, que je connais et apprécie depuis plus de dix ans.

samedi 18 juin 2016

Ils n'ont pas vécu longtemps

Une phrase simple d'un ancien mécanicien devenu général dans l'armée Russe, qui peut s'appliquer à ces deux policiers français récemment assassinés comme aux 42 pilotes du Régiment de Chasse "Normandie-Niemen" tombés au champ d'honneur durant la seconde guerre mondiale.
 
Le monument aux morts du "Neu Neu" à Nice
 La phrase peut servir aussi à bien des formations qui rendent de grands services, et que l'on fait disparaitre avec toujours de grandes justifications stratégiques... mesquinement comptables. Jusqu'à ce que l'on se trouve obligé de revenir en arrière, à grands frais, devant l'échec.

Un monument existe, à Nice, à la gloire de l'un des chefs de ce régiment célèbre. Signe des temps: Inauguré la semaine dernière, il a été "vandalisé" dans les 48 heures qui ont suivi...
Le monument Normandie-Niemen. Face général DELFINO
Il sera restauré.
"Pour que l'esprit des morts survive dans la mémoire des vivants" m'a dit l'Adjoint au Maire du Territoire, Monsieur Jean-Marc GIAUME.
Un de ces élus dont je parlais récemment; ceux qui ne vous bousculent pas pour passer devant vous dès qu'il y a une caméra à l'horizon, mais qui œuvrent avec conviction et dans la durée, pour maintenir et embellir le cadre de vie des administrés.

Il y a en France des gens qui ne respectent rien.
Il y a aussi ces gens qui patiemment agissent; pour que notre mémoire collective des sacrifices d'hier éclaire celle des sacrifices présents et futurs.
Pour que vive la France.

mardi 14 juin 2016

Assassinat d'un couple de policiers le 13 juin 2016


“Ne laissez jamais vos peurs vous empêcher de faire ce que vous savez juste” – Aung San Suu Kyi

Avec tout ma sympathie pour deux orphelins, dont un de trois ans.

Avec le vœu que cet assassinat d'un couple de policiers par un djihadiste ou prétendu tel réveille notre pays, afin que sa réaction soit à la hauteur de l'enjeu. Afin que nous prenions tous conscience.



Cet assassinat n'est pas "l'affaire de la Police", c'est l'affaire de notre Nation.
Il est temps que "le goût du fer" quitte notre bouche.
Didier CODANI

dimanche 5 juin 2016

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie... à Verdun

Avec un temps de réflexion, je reviens sur la commémoration de l'une des plus meurtrières dans les grandes batailles du XXe siècle: Verdun.

Nous étions tout juste rescapés "in extremis" d'un concert de rap.
Presque soulagés de n'avoir que quelques discours sur la "paix" pas toujours réussis à subir.

Mais le lobby "culturel", que je ne peux même pas qualifier de "gauchiste", car ce serait insulter les vrais gauchistes que de les assimiler à ça; avait gardé en réserve le clou du spectacle, le clou du cercueil: Une course à pied au milieu des tombes, au son des Bidons du Bronx.


Nos acculturés du mondialisme  ne pouvaient pas respecter ceux qui ont donné leur vie pour la patrie, qu'ils soient Français ou Allemands, qu'importe. Il fallait, sous couvert de commémorer leur sacrifice, les insulter, les mépriser, à la face de la France entière; pour ne pas parler de l'Europe et du Monde, puisque bien entendu - cela faisait partie du plan - ces images ont été relayées partout.

Je n'incrimine pas les jeunes, à qui les organisateurs ont lavé le cerveau (car qui peut sérieusement penser au respect des morts en courant sur des tombes ?), ni même ces marteleurs de futs de pétrole qui eux ont probablement été payés, à moins qu'ils aient cru que cela serait bon pour leur "image"...


 Je dénonce simplement cette volonté captieuse et spécieuse de dégrader sous couvert d'honorer.
Sans aucune idée ou arrière-pensée politique en ce qui me concerne, je dis que c'est une honte.

Aux morts... Français ou Allemands...
Je lirai simplement un Hymne; celui de Victor HUGO dans "Les chants du crépuscule".
Juste ces premiers vers :
"Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !"

Je vous laisse apprécier, et la course à pied, et les tambours de Nièvre, comparés à cette voix.

A tous ceux des miens qui sont allés là-bas, à ceux qui n'en sont jamais revenus, parents et alliés, 
je demande pardon.

Didier CODANI


vendredi 3 juin 2016

Lorsqu'on ne peut pas entrer par la porte

 Lu ce jour (page 88) après avoir acheté le livre "Informer n'est pas un délit" auquel Hélène CONSTANTY a contribué, au Festival du livre de Nice où elle est présente sur un des stands.

C'est un grand classique de l'investigation, un genre dans lequel elle travaille avec assez de sérieux pour pouvoir publier sans se ruiner en procédures ensuite.

Un auteur à voir, entre autres, dans un festival qui s'annonce nonobstant la pluie comme aussi brillant - sinon plus - que l'an dernier.

Elle y côtoie notamment les frères REYNAUD, dont l'un d'eux (Jean-Marie) fut mon professeur de Droit Administratif, et Doyen de la Faculté de Droit de Nice quand j'y étudiais au début des années 1980. 
Une rencontre plus de trente ans après, qui me permet de saluer un maître autant qu'un auteur.
Nombre de ses grands principes du droit sont restés les miens, tant il les enseignait bien.

On y trouve également Patrick MOTTARD, et un peu plus loin... Eric CIOTTI, le Président du Département des Alpes Maritimes, ou encore l'ancien Ministre et ancien Président du Conseil Constitutionnel Jean-Louis DEBRE, tous venus dédicacer leurs œuvres.

lundi 30 mai 2016

Trois ans et cent fois plus de monde pour lire ensemble

Le temps qui passe a failli me faire l'oublier: ce blog est né il y a trois ans.
Trois ans et une semaine, le 22 mai 2013.


La première année nous étions une dizaine, la seconde une cinquantaine, et maintenant plus de cent...

C'est fort peu je vous l'accorde, et c'est lent, car je préfère de loin la séduction au racolage.
Mais vous êtes là; et vous savez puiser dans les archives de façon régulière, preuve que l'idée de partager cette sagesse populaire et ces informations tenait la route.

Merci pour la confiance que vous voulez bien m'accorder, en ce troisième anniversaire.

Maintenant, au travail !!!
C'est là que je vais, et c'est ce que je vous souhaite; particulièrement ceux et celles qui en cherchent réellement et sérieusement.
C'est dur, nous le savons, et je pense à vous cordialement.

samedi 28 mai 2016

L'argent ou les titres ne sont pas le pouvoir

Deux semaines de deuil, en travaillant le jour et en réfléchissant la nuit.
Il m'en est venu l'idée - une fois n'est pas coutume - de me citer moi-même.
Sans prétention, et même si les premiers lecteurs de cette citation sont sceptiques.
Ils croient, et vous aussi peut-être, qu'avec un grade élevé ou de l'argent plein les poches, on est le maître du monde.

En surface, en apparence, c'est possible.
Mais il y a tant de choses que l'argent n'achète pas...

Le mépris, par exemple, ceux que vous payez vous l'offriront gratis si vous ne savez pas les apprécier pour ce qu'ils sont, et que vous les voyez juste pour la transaction que vous réalisez avec eux.
Le grade, aussi élevé soit-il, ne vous mettra jamais à l'abri de la mauvaise exécution des ordres, voire du sabotage ou de la trahison, sauf si vous savez parler au coeur et aux tripes de vos subordonnés.

Le respect, la vraie loyauté, se gagnent, se méritent, et les plus humbles - qui sont souvent les grands experts de leur domaine de compétence - ne l'accordent qu'avec parcimonie et à bon escient.
Ne l'oublions pas, quand le compte en banque ou la taille du bureau feraient tourner la tête.

vendredi 13 mai 2016

La nuit n'est jamais complète

Moins connu, moins "tendance" que "Liberté", du même Paul ELUARD.
C'est un texte pour ceux qui nous ont quitté, et surtout pour ceux qui restent. 
"Il y a toujours un rêve qui veille..."

samedi 7 mai 2016

Dien Bien Phu

C'était il y a 62 ans, le 7 mai 1954, à 17h00, que le camp retranché de Dien Bien Phu  est tombé.

Deux semaines auparavant, sa garnison avait reçu cette citation, la plus élevée qui se puisse obtenir, pour une résistance de presque deux mois à un contre cinq. 
Je me limite à sa phrase finale.

De près de 12.000 prisonniers français, seul un quart, à peine, reviendra des camps de "rééducation".

Il en reste bien peu encore en vie à ce jour.
Mais que ce soit eux, ou ceux de leurs camarades tombés à Dien Bien Phu ou dans les camps, ils ne sont pas oubliés. Ils ne doivent pas être oubliés. 

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs avec palme.

Les polémiques politiciennes, les petites phrases du café du commerce ou de la buvette de l'Assemblée, des amuseurs radio-télévisés, m'ont paru bien fades, par rapport au courage et au sacrifice de ces hommes, pour une patrie qui n'en était - et n'en reste - que trop peu consciente. 

Un instant de mémoire au soir de ce 7 mai, dans notre monde, oublieux de ses vrais héros.

 La 317e section: Bruno Cremer dans le rôle de l'adjudant Willsdorff.

jeudi 5 mai 2016

En avril, ne te découvres pas d'un fil...



« Un militaire c’est comme un ministre, ça ferme sa gueule ou bien ça s’en va »
Suivi de
« Les militaires ont le droit de penser, mais il y a des limites à ne pas dépasser».

Deux citations sur lesquelles, apparemment il est difficile de s’exprimer en forme de commentaire.
J’ai tenté de le faire, depuis le 27 avril, date de ces belles citations successives, sur différents sites.
Mais quant on n’est pas dans la liste très courte de ceux qui écrivent dans le sens du poil, c’est systématiquement bloqué.

Pourtant ces deux citations de Monsieur Alain Juppé, ancien Premier Ministre ; Ministre d’État, Ministre de la Défense, ont provoqué des réactions bien plus méchantes que la mienne.

Je me contentais de m’interroger sur ce qu’aurait dû faire le Général De Gaulle en 1940 avec de telles options. Ce n’était pas bien méchant. 
D’autant que j’ai vite eu une réponse d’un ami :  
« Partir commander outre-mer … comme le Général  Soubelet »
Réponse qui relevait plus de la boutade, au demeurant justifiée, que du coup de poing.



En quelques jours, l’excellent Monsieur Juppé n’a rien gagné à lancer ces citations.
D’aucuns ont ironisé sur les Gendarmes et les voleurs, d’autres sur les repris de justice qui se permettent de donner des cours de morale publique aux Gendarmes.
Personne ne sort grandi à user de ce genre de flèches.



Preuve qu’une citation ou un rappel de citation (de Monsieur Jean-Pierre Chevènement, en l’occurrence pour la première bourde) doit être lancée judicieusement, surtout quand on a des références judiciaires.
Mettre en boite est à éviter, quant on a déjà soi-même un casier.
A défaut, on sera au mieux pédant, au pire péteux.

Non, dans les deux cas, ce ne sont pas de bons éléments de langage pour un candidat à la fonction de chef des armées. Car on l’oublie peut-être, mais le Président de la République est le chef des armées.

Avec une pareille défense, celle de la caste politique politicienne, et un mépris si condescendant (et peut-être même pas descendant) pour les militaires il va falloir travailler dur pour rattraper cet électorat.
Mais peut-être est-il déjà déclaré perdu au profit d’autres candidats ?

Les débats d’idées semblent ne plus exister de nos jours qu’à l’occasion d’une campagne électorale quelconque.
Heureusement que de ce côté-là, en France, nous ne manquons jamais de rien...

Bonne journée pour les censeurs, qui n’ont pas fini de manier leurs ciseaux informatiques, et bonne fête de l’Ascension pour tous ceux qui sont en congés.
Didier CODANI