jeudi 26 février 2015

Conserver la majesté propre à son état



Citation plus longue qu’à l’ordinaire, en hommage à un homme plus grand qu’à l’ordinaire, qui savait la mettre en pratique :
Maître José BALARELLO, Sénateur honoraire et Avocat honoraire ; 
Ancien Président de l’Office Public des Alpes Maritimes (OPAM), qu’il avait confirmé en son temps comme premier bailleur social de ce département.
25.12.1926 - 25.02.2015
Il vient de nous quitter, des suites d'une longue maladie, à l’âge de 88 ans.

Des neiges du Col de Tende aux rivages de la Côte d’Azur, bien des gens - des plus humbles aux plus puissants - lui doivent énormément. 

Tout simplement, c'était un seigneur. Il mérite cet hommage.

« Au revoir, Président… »

samedi 21 février 2015

Ce sont mes principes

Pour un abonné (presque) anonyme qui a eu l'amabilité de m'écrire pour me remettre en mémoire qu'il était grand temps de mettre en ligne une nouvelle citation.

Vous avez échappé à "Faire l'amour à sa femme, c'est comme tirer un canard endormi", voire même "Je me suis marié devant un juge, j'aurai dû demander un jury" (Groucho s'est marié trois fois); car je tiens à préserver l'harmonie des couples, que de telles réparties pourraient endommager.

mercredi 4 février 2015

Agresser avec un couteau trois militaires à Nice ce n'est pas la guerre



Comme depuis un mois j'entends à peu près n'importe quoi sur la gestion des situations de crise, et que ma boite aux lettres se remplit beaucoup sur ce sujet, je souhaite en dire un mot globalement ici.
Rappel des vraies mesures qui peuvent être prises pour faire face à une vraie situation de crise, et pas à une simple gesticulation de médias autour d’actes criminels en vue de faire remonter la cote de certains.

Il n’y a que trois mesures réelles et sérieuses en droit français actuel. 
Aucune n'est prise actuellement. 
Parce que la situation de la France n'a tout simplement pas ce niveau de gravité dans la gestion de crise. Ce sont :
1/ Etat d’urgence. 2/ Etat de siège. 3/ Pouvoirs exceptionnels.

1/ Etat d’urgence
Il demeure régi par la loi no 55-385 du 3 avril 1955 modifiée.
Il « confère aux autorités civiles, dans l'aire géographique à laquelle il s'applique, des pouvoirs de police exceptionnels portant sur la réglementation de la circulation et du séjour des personnes, sur la fermeture des lieux ouverts au public et sur la réquisition des armes ».
Date de dernière application (très partielle) en France : fin 2005, par le Président Jacques CHIRAC.

Il n’est pas appliqué actuellement, le niveau de menace étant notoirement en dessous de cette posture.
La France est toujours dans une situation de fonctionnement normal, il faut (peut-être) le rappeler.

2/ Etat de siège
Il ne peut entrer en vigueur que dans deux cas de péril imminent :
-          Guerre étrangère
-          Insurrection armée
Aussitôt l'état de siège décrété, les pouvoirs dont l'autorité civile était investie pour le maintien de l'ordre et la police sont transférés à l'autorité militaire. L'autorité civile continue à exercer ses autres attributions.
En outre, lorsque l'état de siège est décrété, l'autorité militaire peut :
  • Faire des perquisitions domiciliaires de jour et de nuit ;
  • Éloigner toute personne ayant fait l'objet d'une condamnation devenue définitive pour crime ou délit et les individus qui n'ont pas leur domicile dans les lieux soumis à l'état de siège ;
  • Ordonner la remise des armes et munitions, et procéder à leur recherche et à leur enlèvement ;
  • Interdire les publications et les réunions qu'elle juge de nature à menacer l'ordre public.
L’état de siège  n’a JAMAIS  été utilisé sous la 5e République, donc depuis 1958.

3/ Pouvoirs exceptionnels
Les pleins pouvoirs, ou pouvoirs exceptionnels peuvent être donnés au Président de la République en application de l’article 16 de la Constitution Française. Article modifié en 2008 avec un dernier alinéa:
« Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel.
Il en informe la Nation par un message.
Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d'assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d'accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet.
Le Parlement se réunit de plein droit.
L'Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels.
Après trente jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d'examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. »

On entre là dans une théorie juridique précise, dite des « circonstances exceptionnelles ».

Cet article n’a été appliqué qu’une seule fois dans toute l’histoire de la 5e République. C’était par le Général De GAULLE en 1961 à l’occasion du « Putsch des Généraux à Alger ».

La déclaration de Guerre, n’en déplaise aux agitateurs de tout poil, ne sert pas à gérer des situations de crise.
Elle se déclare généralement avec un vote parlementaire face à un état constitué, pas par voie de presse face à un conglomérat de mercenaires islamiques autoproclamés en structure étatique et reconnus de personne. Point.

C’est désuet, ce n’est pas 2.0 ou 3.0 (pour les plus modernes d’entre nous) mais c’est ainsi.

Désolé, ce n’est que le respect du droit français, ça manque de romantisme folklorique…
La France est toujours dans une situation de fonctionnement normal, il faut (peut-être) le rappeler une seconde fois (voir plus haut).

Je reconnais qu’il est plus facile de faire par voie de presse des déclarations de guerre, pour y envoyer d’autres que soi, que de citer les vrais textes de loi.

Ne nous y trompons pas, ceux qui ont ce vocabulaire "martial" connaissent le plus souvent fort bien les textes, et ils savent que ce qu’ils clament « urbi et orbi » n’a aucune valeur juridique.
Ce qui fait aussi que l’on ne peut pas les poursuivre pour répondre de leurs divagations.

Je ne sais pas pourquoi je me retrouve, en congés, sollicité sur ce sujet par quelques amis. Mais si j’ai pu ainsi leur répondre, et donner un éclairage à d’autres, c’est bien volontiers que je le fais.

Avec toute ma sympathie aux militaires qui ont été agressés et blessés à Nice en service commandé, et qui ont su riposter de façon proportionnée à l'agression, dans le respect de nos lois.

dimanche 1 février 2015

mardi 20 janvier 2015

En mémoire d'un ami, René DRERA

C'était un soir à Paris, après un repas officiel passablement ennuyeux.
Nous avions décidé d'aller terminer la soirée dans un bar convenable, avec des alcools de qualité.
Un de ces soirs privilégiés où un ancien peut expliquer ce que fut son engagement, sans donner l'impression de raconter ses campagnes aux jeunes.
Ce n'est pas vraiment une citation, c'est plutôt un vrai souvenir. Souvenir d'un homme droit, dont le poids des ans n'a jamais courbé l'âme. Un grand Monsieur, en toute simplicité.
Un ami, qui nous quitte discrètement à près de 90 ans d'une vie exemplaire, du maquis au djebel; en passant par la portière...
Je te salue, René.
Didier CODANI

vendredi 16 janvier 2015

La vertu

Grand moment d'hésitation pour choisir entre cet extrait de "La vertu" et un autre plus ancien, pris dans "Le vase brisé".
Qui sait, si dans les semaines à venir il n'y aura pas une occasion de relire notre premier prix NOBEL de littérature ?
La métaphore s'applique parfois si bien à l'actualité...

jeudi 15 janvier 2015

La définition du terrorisme en droit pénal français

Demain, promis, une nouvelle citation.
Ce ne sera pas une citation à comparaitre...
En attendant, pour répondre à une demande précise, la définition du terrorisme dans notre beau Code Pénal Français.
C'est aussi une forme de citation, quand on y réfléchit. Et utile à connaître de nos jours.



La définition du terrorisme, en droit pénal français, est exposée principalement aux articles 421-1, 421-2, 421-2-1 et 421-2-2. N’importe quel moteur de recherche vous permet de les trouver sur le site du Journal Officiel de la République Française, si vous voulez vérifier.

Article 421-1
Modifié par Loi n°2011-266 du 14 mars 2011 - art. 18
Constituent des actes de terrorisme, lorsqu'elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, les infractions suivantes :
1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, l'enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport, définis par le livre II du présent code ;
2° Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique définis par le livre III du présent code ;
3° Les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous définies par les articles 431-13 à 431-17 et les infractions définies par les articles 434-6 et 441-2 à 441-5 ;
4° Les infractions en matière d'armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires définies par le I de l'article L. 1333-9, les articles L. 1333-11 et L. 1333-13-2, le II des articles L. 1333-13-3 et L. 1333-13-4, les articles L. 1333-13-6, L. 2339-2, L. 2339-5, L. 2339-8 et L. 2339-9 à l'exception des armes de la 6e catégorie, L. 2339-14, L. 2339-16, L. 2341-1, L. 2341-4, L. 2341-5, L. 2342-57 à L. 2342-62, L. 2353-4, le 1° de l'article L. 2353-5 et l'article L. 2353-13 du code de la défense ;
5° Le recel du produit de l'une des infractions prévues aux 1° à 4° ci-dessus ;
6° Les infractions de blanchiment prévues au chapitre IV du titre II du livre III du présent code ;
7° Les délits d'initié prévus à l'article L. 465-1 du code monétaire et financier.

Article 421-2
Modifié par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 - art. 8 JORF 10 mars 2004
Constitue également un acte de terrorisme, lorsqu'il est intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, le fait d'introduire dans l'atmosphère, sur le sol, dans le sous-sol, dans les aliments ou les composants alimentaires ou dans les eaux, y compris celles de la mer territoriale, une substance de nature à mettre en péril la santé de l'homme ou des animaux ou le milieu naturel.

Article 421-2-1
Créé par Loi n°96-647 du 22 juillet 1996 - art. 3 JORF 23 juillet 1996
Constitue également un acte de terrorisme le fait de participer à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un des actes de terrorisme mentionnés aux articles précédents.

Article 421-2-2
Créé par Loi n°2001-1062 du 15 novembre 2001 - art. 33 JORF 16 novembre 2001
Constitue également un acte de terrorisme le fait de financer une entreprise terroriste en fournissant, en réunissant ou en gérant des fonds, des valeurs ou des biens quelconques ou en donnant des conseils à cette fin, dans l'intention de voir ces fonds, valeurs ou biens utilisés ou en sachant qu'ils sont destinés à être utilisés, en tout ou partie, en vue de commettre l'un quelconque des actes de terrorisme prévus au présent chapitre, indépendamment de la survenance éventuelle d'un tel acte.

Les peines applicables sont exposées aux articles 421-3, 421-4, 421-5, et 421-6.
Je vous laisse la joie de découvrir le « tarif » par vous-mêmes.

L’article 421-2-3 concerne un cas très particulier :
Le fait de ne pouvoir justifier de ressources correspondant à son train de vie, tout en étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes se livrant à l'un ou plusieurs des actes visés aux articles 421-1 à 421-2-2, est puni de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende.

"Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde", disait Albert CAMUS.
Quand nous parlons de terrorisme, sachons de quoi nous parlons exactement.

Je finis ce message content d’avoir pu placer cette belle citation parue en 1944 ("Sur une philosophie de l’expression", essai paru dans "Poésie 44"), qui résume pour CAMUS  la pensée du philosophe  Brice PARAIN, qui était un de ses amis…

A demain pour un texte plus souriant.

dimanche 11 janvier 2015

La barbarie ne peut avoir le dernier mot.


Entendu ce matin, et lu en conclusion de l'éditorial d'une modeste feuille paroissiale.
Des mots simples pour des gens simples, bien plus vrais qu'un long discours.

L'occasion de revenir à l'objet premier de ce blog, qui est la diffusion de citations...

Bon dimanche à tous.

samedi 10 janvier 2015

Marche silencieuse et "Marseillaise" à Nice pour les victimes à Paris

Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. Chaque fois que je peux...
Ce matin je me suis rendu à la marche silencieuse de Nice en mémoire des victimes.

Pas de récupération éhontée de l'émotion publique, même si les politiques étaient en majorité écrasante au premier rang, et les "Je suis Charlie" aussi...

Pas vraiment de silence complet non plus, mais vu les sensibilités présentes, c'était prévisible.
Pas de vrai respect du cérémonial, mais plus par manque d'habitude que par manque de respect.

Il y a des choses qui s'imposent naturellement.
Quand le clairon a sonné "aux morts" le dernier des imbéciles a compris qu'il fallait se taire.
Un signe. 
Un tout petit signe, que l'on dépassait à cet instant le cadre d'une manifestation de rue pour atteindre celui d'un hommage populaire. Avec des applaudissements, spontanés, soutenus, pas de "claque".

Il y a aussi, et surtout, "La Marseillaise". Chantée non pas d'une seule voix, mais de la voix de tout un peuple, qui résonnait en vague déferlante depuis le monument aux morts jusqu'à la plage du centenaire, d'où certains n'ont jamais pu partir car la foule était si compacte... que du point de départ au point d'arrivée, en une heure de temps chaque personne s'est retrouvée comme dans le métro aux heures de pointe. Trottoirs, voie, terre-plein, tout était bondé. Immobile, en garde-à-vous obligé.

Leur hymne national, les Français savent le chanter, parfois, et c'est là que ses paroles prennent tout leur sens, toute leur force.
Ce premier et terrible couplet, qui dit à la face du monde que nous faisons face à la peur en sachant rendre les coups à l'ennemi. 
Ce ne sont peut-être que des mots quand on le lit, de la musique quand on l'écoute dans un salon...
Ce matin c'était l'émotion d'un peuple qui sait à quoi il fait face, et qui est debout pour le chanter.
C'était tout simplement, unique et magnifique.

Je n'ai pas calculé le nombre. Ceux qui connaissent les lieux auront compris que c'est énorme.
Et puis, comme me l'a dit une de mes voisines: "Pour une fois, la police et les organisateurs devraient être d'accord sur le nombre des participants."
Cette foule tendue dans un sentiment de résistance, était - j'ai oublié de le dire - une foule aimable.
Chacun s'excusait de bousculer son voisin. Réunis pour un deuil, le plus grand nombre y faisait bonne figure. Oui, il y avait aussi quelques "récupérateurs", mais ils n'ont pas fait recette.

C'était ce matin à Nice, sur la Côte d'Azur, et ce n'est pas souvent. 
Un de ces moments ou la noblesse du geste des participants le dispute à la dignité de la cérémonie.

Espérons que ce sentiment durera plus que les fleurs de l'unique gerbe, déposée au nom de tous.
Moi je le crois.
Nous le vivrons et le verrons bien ensemble.

Didier CODANI

vendredi 9 janvier 2015

Charlie



Pour vous le dire franchement, je ne suis pas - et je n'ai jamais été - "Charlie" ; Ce journal qui avec « Hara Kiri » passait son temps à vomir sur tout pilier de la vie en société qu'il croisait.
Armée, Famille, Police, Religion, il n'y a pas une seule institution de la vie en société sur laquelle ils n'aient pas vomi.
Je ne dis pas qu'il ne m'est pas arrivé de sourire à l'occasion de tel ou tel dessin, mais au fond je ne valide pas l'ensemble.

J'ai probablement plus d’estime pour l'employé d'immeuble abattu "au mauvais endroit au mauvais moment" que pour toute cette intelligentsia qui a été éliminée.
Dommage aussi pour les policiers, mais ce sont là les risques du métier.

Alors certains d’entre vous ont été surpris que je place mon site personnel clairement en deuil. Un site consacré plus largement aux problématiques du logement social et des Zones de Sécurité Prioritaires qu’à mes sentiments face à l’actualité.
C’est vrai, mon petit site n’est pas un site d’actualité.

Comment dans ces conditions se dire en deuil et solidaire des victimes ?

Je l’exprime en trois points : ICI
www.codani.info/Charlie.html